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07 Nov

Afrique du Sud: revers historique de l'ANC, le président dans une impasse

Publié par RADIO TAN KONNON  - Catégories :  #ACTUALITE

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud a vécu à l'impensable cette semaine: les électeurs ont infligé un revers historique au Congrès national africain (ANC) lors des municipales, plaçant le président Cyril Ramaphosa, et patron du parti, dans une impasse.

Le président Cyril Ramaphosa lors d'un meeting politique © Jerome Delay/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.
Le président Cyril Ramaphosa lors d'un meeting politique © Jerome Delay/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud a vécu à l'impensable cette semaine: les électeurs ont infligé un revers historique au Congrès national africain (ANC) lors des municipales, plaçant le président Cyril Ramaphosa, et patron du parti, dans une impasse.

Le parti de Nelson Mandela a enregistré son pire score en passant pour la première fois sous la barre des 50% à un scrutin, selon les résultats officiels. Jusque-là, il avait remporté tous les votes à la majorité absolue depuis les premières élections démocratiques en 1994.

Il a perdu six des huit principales villes du pays, et a subi des revers importants dans d'autres.

"Au vu du résultat, l'ANC a vraiment échoué", estime l'analyste Sisonke Msimang. "Les électeurs des grandes villes ont montré qu'ils en avaient assez du status quo".

La direction de l'ANC a immédiatement convoqué une réunion vendredi pour discuter de ces scores désastreux, même si selon les alliés de M. Ramaphosa, le parti aurait fait encore pire sans lui.

"Nous avions la meilleure arme dans cette campagne, Cyril Ramaphosa, le président de l'ANC. Si nous ne l'avions pas eu, les choses auraient pu être pires", a déclaré à la presse Fikile Mbalula, le chargé des élections au parti et ministre des Transports.

- La corruption s'est agravée -

Connu comme un leader modéré attaché au consensus, M. Ramaphosa a pris ses fonctions en 2018 en promettant d'éliminer la corruption qui avait consumé le parti.

Son prédécesseur Jacob Zuma est actuellement jugé dans différentes affaires de détournements de fonds publics. Et ses partisans n'ont pas apprécié les tentatives de lutte contre la corruption du pouvoir en place, qui, selon eux, ciblait l'ancien président.

Toutefois, une enquête d'Afrobaromètre a révélé qu'aux yeux de deux tiers des Sud-Africains, la corruption s'est encore aggravée sous le mandat de M. Ramaphosa.

Son ministre de la Santé a notamment été contraint de démissionner cette année, accusé d'avoir attribué frauduleusement des contrats dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. M. Ramaphosa l'a ensuite remercié, tout en soulignant que le ministre avait "bien servi la nation".

"Il y a tellement de corruption", s'est attristé Ivan Govender, 56 ans, propriétaire d'un restaurant à Johannesburg. "Vingt-sept ans après, ils utilisent toujours l'apartheid comme excuse. Ce n'est pas vrai ! J'espère que c'est un signal d'alarme total pour mettre de l'ordre dans leur maison."

En tant que figure de proue des syndicats miniers, il a contribué à négocier la transition du pays vers la démocratie. Il est ensuite passé au monde des affaires et a amassé une fortune qui s'élèverait à 550 millions de dollars.

- Plus populaire que son parti -

Mais la patience qui fait sa force peut aussi jouer contre lui. Lorsque des émeutes ont éclaté en juillet, faisant plus de 350 morts, M. Ramaphosa a tardé à déployer les forces de sécurité, craignant des scènes qui rappelleraient les répressions de l'époque de l'apartheid.

Le président de l'Afrique du Sud est choisi par le Parlement. Avec une majorité absolue de députés, l'ANC pourrait destituer M. Ramaphosa si le parti désapprouve son action politique. Deux de ses prédécesseurs ont été remplacés à mi-mandat par le passé.

Deux sondages préélectoraux ont indiqué que M. Ramaphosa est nettement plus populaire que son parti. Mais cela pourrait ne pas avoir beaucoup d'influence lorsque la conférence nationale de l'ANC se réunira l'année prochaine pour choisir ses dirigeants, a tempéré William Gumede, directeur de la fondation Democracy Works.

"Sa popularité auprès de la population du pays ne comptera pour rien lorsqu'il se présentera à la conférence de l'ANC", a-t-il déclaré. "Bien qu'il ait combattu la corruption, de nombreux Sud-Africains pensent qu'il n'en a pas fait assez. Mais son parti pense qu'il en a trop fait. C'est donc son dilemme."

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