Le Bénin, modeste nation de l’Afrique de l’Ouest, est depuis quelques années en proie à une intensification des attaques jihadistes à ses frontières septentrionales. La dernière attaque meurtrière, perpétrée mercredi dans la région frontalière avec le Burkina Faso et le Niger, a coûté la vie à 28 militaires béninois, selon une source militaire haut placée.
Une zone sensible sous pression
L’attaque s’est produite au niveau du « triple point », une région critique où convergent les frontières du Bénin, du Burkina Faso et du Niger, épicentre régional des incursions jihadistes. Depuis plusieurs années, cette zone demeure un foyer de tensions en raison des activités de groupes armés affiliés à l’État islamique (EI) et à Al-Qaïda, qui opèrent à partir des territoires voisins.
Malgré la gravité de l’attaque, les forces de défense béninoises poursuivent les opérations de ratissage. Selon des informations recueillies auprès de la même source militaire, « quarante assaillants ont été neutralisés ».
Une menace persistante
Ce n’est pas la première fois que les forces béninoises sont la cible d’attaques jihadistes. En juin dernier, sept soldats avaient été tués lors d’une embuscade dans le parc national de la Pendjari. En décembre, une autre attaque avait coûté la vie à trois militaires, laissant quatre autres blessés.
Les chiffres sont éloquents : selon une source diplomatique, 121 soldats béninois ont perdu la vie depuis le début des incursions transfrontalières en 2021. À mesure que la situation au Burkina Faso et au Niger se dégrade, les opérations des groupes armés s’étendent au territoire béninois, posant un véritable défi à une armée encore en phase de structuration.
Un effort de résistance et de modernisation
Depuis janvier 2022, les autorités béninoises ont mobilisé près de 3 000 soldats dans le cadre de l’opération « Mirador », visant à renforcer la sécurité à la frontière nord. Parallèlement, le gouvernement a recruté 5 000 soldats supplémentaires pour faire face à l’intensification de la menace terroriste.
L’appui international constitue également un levier crucial dans cette lutte. Fin novembre, l’armée béninoise a reçu 12 véhicules blindés de transport de troupes, 280 plaques balistiques et 35 radios tactiques offerts par les États-Unis, pour une valeur estimée à 6,6 millions de dollars. Cette donation, saluée par le ministre de la Défense Fortunet Alain Nouatin, renforce les capacités opérationnelles des forces armées.
L’Union européenne a également manifesté son soutien en débloquant 47 millions d’euros destinés à l’achat d’équipements militaires et à l’amélioration des infrastructures de sécurité.
Un combat partagé dans la sous-région
Le Bénin n’est pas seul dans cette lutte contre la propagation de l’insécurité. Le Ghana et le Togo, pays voisins, font face également à des incursions jihadistes. Les efforts conjoints et les initiatives de coopération régionale restent indispensables pour contenir la menace et restaurer une stabilité durable.
À mesure que les forces de défense béninoises continuent de repousser les assauts ennemis, l’engagement national et international demeure crucial pour assurer la sécurité et la souveraineté du territoire.
Cette résilience, face à une menace toujours présente, témoigne de la détermination du Bénin à rétablir la paix et à protéger ses citoyens contre les assauts terroristes.
Saidicus Leberger
Pour Radio Tankonnon