Un géant des médias ivoiriens nous quitte
Le paysage audiovisuel ivoirien est plongé dans une profonde tristesse après l’annonce du décès d’Éric Didia, affectueusement surnommé Roro. Animateur de radio, présentateur télé, acteur et chanteur, il était une figure emblématique du monde médiatique en Côte d’Ivoire. Son départ, survenu le 6 juin 2025, laisse un vide immense dans le cœur de ses collègues, amis et fidèles auditeurs.
Reconnu pour son charisme magnétique, sa voix chaleureuse et son style flamboyant, Éric Didia incarnait à lui seul la passion et le dynamisme du métier d’animateur. Son talent et son aisance à l’écran lui ont permis de fédérer toutes les générations autour de ses émissions, faisant de lui une véritable icône du divertissement ivoirien.
Un parcours marqué par l’excellence
Né le 5 octobre 1960, Éric Didia a marqué toute une génération par son verbe captivant et son humour piquant. Il s’est imposé dans les années 1990 et 2000 comme l’un des animateurs les plus talentueux de la bande FM ivoirienne, notamment sur Radio Nostalgie, où son émission culte Happy People a conquis des milliers d’auditeurs.
Précurseur de plusieurs concepts radiophoniques, il a popularisé les Atalaku, ces chanteurs d’animation de la rumba congolaise, dans les milieux branchés d’Abidjan. Son passage sur Ivoire FM puis sur Life TV a confirmé son statut de créatif hors pair, capable de s’adapter aux évolutions du paysage médiatique tout en conservant son style unique.
Un artiste complet et un homme de passion
Au-delà du micro, Éric Didia possédait une autre corde à son arc : les arts plastiques. Diplômé de l’École des arts modernes de Paris, il était architecte d’intérieur et designer industriel de formation. Son amour pour la création visuelle et son sens du détail faisaient de lui un artiste accompli, bien au-delà de son rôle d’animateur.
Mais c’est surtout à travers ses émissions et ses performances scéniques qu’il a su captiver le public. Provocateur assumé, showman jusqu’au bout des ongles, il n’hésitait jamais à clamer haut et fort : « Je suis le meilleur ! », une phrase qui résumait parfaitement son assurance et son talent.
Un combat courageux contre la maladie
Depuis plusieurs mois, Éric Didia se faisait discret. Affaibli par des ennuis de santé qu’il avait choisi de vivre loin des projecteurs, il luttait avec courage contre la maladie, entouré de ses proches. Hospitalisé en urgence dans un état critique, il s’est éteint quelques heures plus tard, laissant derrière lui un grand vide et des proches sous le choc2.
Son décès, survenu un vendredi coïncidant avec la fête de la Tabaski, au lendemain du jour sacré d’Arafat, est interprété par beaucoup comme un signe de grâce. Que le Tout-Puissant Allah, dans Sa grande miséricorde, l’accueille parmi les bienheureux.
Un héritage indélébile
Le monde des médias ivoiriens perd l’un de ses piliers, un homme dont la voix résonnera longtemps dans les mémoires. Son charisme, son audace et son talent brut ont marqué plusieurs générations. Il n’était pas parfait, mais c’est justement ce qui le rendait encore plus vrai. Après tout, nul besoin d’être parfait pour briller. Et Éric Didia brillait. Il brillera toujours, comme l’étoile qu’il est désormais devenu dans le ciel.
Adieu l’artiste. Repose en paix, Roro. Et merci pour tout. 🕊️💔
Saidicus Leberger
Pour Radio Tankonnon