Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

RADIO TANKONNON

RADIO TANKONNON

Toujours plus proche de vous.


Éditorial : Quand les lignes se brouillent entre journalisme et communication

Publié par RADIO TAN KONNON sur 9 Novembre 2025, 09:28am

Catégories : #EDITORIAL

« Si vous êtes journaliste et que vous faites le métier de communicateur, vous êtes comme un prostitué. Et si vous êtes communicateur et que vous faites le métier de journaliste, vous apparaissez comme un traître. »Professeur Serge Théophile Balima.

Professeur Serge Théophile Balima
Professeur Serge Théophile Balima

Cette phrase, brutale dans sa forme, lucide dans son fond, mérite d’être méditée. Elle résume en quelques mots le drame silencieux qui ronge aujourd’hui le monde médiatique africain : la confusion des rôles, l’érosion de l’éthique et la marchandisation de la parole publique.

Le journaliste, par essence, est le gardien du fait, le guetteur du vrai. Il observe, vérifie, interroge, doute. Il parle au nom du citoyen, non du pouvoir. Sa mission est d’éclairer, parfois de déranger, toujours d’informer. Le communicateur, lui, est stratège : il façonne le discours, construit l’image, défend une cause, un produit, une institution. Deux métiers nobles, complémentaires dans leur fonction sociale, mais diamétralement opposés dans leur finalité.

Or, aujourd’hui, les frontières s’effacent. Le journaliste, confronté à la précarité ou à la tentation du confort, se fait souvent le relais d’une parole qu’il ne questionne plus. Le communicateur, grisé par la reconnaissance médiatique, s’improvise analyste ou commentateur. Dans cette confusion, c’est la crédibilité de l’information elle-même qui se trouve menacée.

Balima ne condamne pas les personnes ; il dénonce une dérive : celle d’un monde où l’indépendance devient une posture et la rigueur, une option. Être journaliste, c’est accepter d’être seul face à la vérité, parfois contre le vent du pouvoir, souvent contre la marée de l’argent. Être communicateur, c’est choisir le camp de la persuasion, non celui de la vérité brute.

Notre époque exige un sursaut. Il faut redonner sens à la déontologie, réaffirmer la valeur du doute, restaurer la frontière entre l’information et la promotion. L’un informe, l’autre influence — et c’est précisément dans cette différence que réside la dignité de chacun.

Car, au fond, la question posée par Balima n’est pas morale. Elle est existentielle : que devient la parole publique lorsqu’elle n’a plus de repères ?

La réponse tient peut-être en un mot : responsabilité.

  • Responsabilité du journaliste d’être libre.
  • Responsabilité du communicateur d’être honnête.
  • Responsabilité du citoyen, enfin, de savoir distinguer l’un de l’autre.

Quand la plume sert deux maîtres, la vérité, elle, se tait.

Saidicus Leberger

Pour Radio Tankonnon 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents