Le Royaume du Maroc a remis, ce week-end à Nouakchott, un important don de 100 000 litres de pesticides destinés à renforcer le dispositif mauritanien de lutte contre la résurgence du criquet pèlerin. Ce geste, hautement stratégique, intervient dans un contexte marqué par la recrudescence d’essaims migratoires qui menacent simultanément les cultures vivrières, les pâturages sahéliens et, par ricochet, la stabilité économique des communautés rurales.
La cérémonie de remise s’est déroulée en présence des autorités mauritaniennes compétentes et des représentants de la Commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale (CLCPRO), dont l’appui technique a permis une coordination efficace entre les deux pays, tous deux membres de cette organisation régionale.
Un geste de solidarité Sud–Sud assumé
En offrant cet important stock de pesticides homologués, le Maroc réaffirme sa volonté de consolider une coopération Sud–Sud pragmatique et solidaire, fondée sur des réponses concertées face aux fléaux transfrontaliers. La lutte antiacridienne, par essence régionale, requiert une vigilance permanente et des moyens conséquents, tant les invasions peuvent être rapides, massives et dévastatrices.
Les autorités mauritaniennes ont salué un soutien jugé « déterminant », au moment où le Centre national de lutte antiacridienne intensifie les opérations de prospection terrestre, de surveillance aérienne et de traitement ciblé des zones infestées. L’arrivée de ce volume exceptionnel de pesticides devrait permettre d’anticiper l’extension des essaims et d’éviter l’installation durable de foyers reproducteurs.
Un enjeu alimentaire et économique majeur
Le criquet pèlerin demeure l’un des dangers les plus redoutés par les agriculteurs et éleveurs du Sahel. Capable de parcourir des milliers de kilomètres et de dévorer en quelques heures l’équivalent de champs entiers, l’insecte peut faire basculer une campagne agricole et fragiliser des régions entières déjà exposées aux aléas climatiques.
Dans un contexte sahélien marqué par la variabilité pluviométrique, la sécurité alimentaire dépend de plus en plus de la capacité des États à réagir rapidement aux invasions acridiennes. Le don marocain vient ainsi soutenir un effort régional de résilience, inscrit dans une logique de prévention durable des crises.
Une coopération renforcée face aux risques transfrontaliers
Au-delà du geste, cette opération illustre la nécessité d’une coordination vigilante entre pays sahélo-maghrébins. Le suivi des essaims, la mobilisation des équipes de terrain, la mutualisation des ressources et le partage d’informations stratégiques constituent, aujourd’hui plus que jamais, des leviers essentiels pour contenir ce fléau millénaire.
Par cette contribution, le Maroc s’impose comme un partenaire engagé dans la préservation de la stabilité environnementale et agricole de la Mauritanie, tout en rappelant que la lutte contre le criquet pèlerin demeure un combat collectif, exigeant rapidité, discipline et solidarité.
Saidicus Leberger
Pour Radio Tankonnon