À l’occasion de la 39ᵉ session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine à Addis-Abeba, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a livré un message d’envergure sur la place centrale de l’Afrique dans les équilibres mondiaux. Pour elle, l’avenir de l’Italie et de l’Europe est intimement lié à la paix, à la stabilité et au développement durable du continent africain.
Présente pour le deuxième Sommet Italie-Afrique, Giorgia Meloni a insisté sur le rôle stratégique de l’Afrique, qu’elle considère non pas périphérique mais pleinement au cœur des transformations globales actuelles. « Ceux qui sous-estiment cette réalité risquent d’être marginalisés, tandis que ceux qui en prennent pleinement conscience en mesurent l’importance », a-t-elle déclaré devant les dirigeants africains, saluant l’invitation qui constitue, selon elle, « une marque de confiance que l’Italie entend honorer avec responsabilité ».
La cheffe du gouvernement a présenté une vision exigeante de la coopération, fondée sur l’égalité et le respect mutuel, excluant toute logique de domination, d’exploitation ou d’assistanat. Dans ce cadre, le plan Mattei, lancé par Rome, est présenté comme une stratégie co-construite avec les partenaires africains et alignée sur les priorités de l’Agenda 2063, avec un accent particulier cette année sur les projets liés à l’eau.
Sur le plan économique, Giorgia Meloni a annoncé un programme ambitieux de conversion de la dette, visant à transformer les créances des pays africains les plus vulnérables en investissements productifs. Elle a également confirmé le renforcement de la contribution italienne au Fonds AIDA de la Banque mondiale.
Abordant la question migratoire, la Première ministre a réaffirmé la nécessité de créer des perspectives économiques locales afin de permettre aux populations de rester et de participer au développement de leur pays. « La coopération véritable consiste à donner aux jeunes Africains les moyens de construire leur avenir sur place », a-t-elle précisé.
Giorgia Meloni a conclu son intervention par un message résolument stratégique : l’Europe ne peut envisager son futur sans intégrer pleinement celui de l’Afrique, et les destins des deux continents sont désormais intimement liés. Ce discours marque un pas significatif dans l’affirmation de Rome comme acteur engagé sur le continent, dans un contexte de concurrence internationale croissante et d’ambitions partagées pour un développement durable et équitable.
Saidicus Leberger
Pour Radio Tankonnon